Parabole
Façon «de voiler en dévoilant», énonce l’Encyclopédie Universalis, je dirais plutôt façon de «dévoiler en voilant». Mode d’expression, à l’instar des métaphores, des symboles, des jeux de mots et, dans une certaine mesure des énigmes, ce processus allégorique suggère plus qu’il ne dit, privilégiant l’art de la litote et de l’ellipse. L’expression par l’inexprimé ! Quand le non-dit sert à dire, à expliciter et à voir au-delà du miroir. Mieux encore, la parabole incite à la recherche de la signification, la quête d’une clef. Elle fait appel plus à l’intuition, qu’à la réflexion et l’examen des enchaînements rationnels.
Dans sa parabole audacieuse, le nom de la rose, Umberto Eco évoque ce « monde inverse » lorsque «les fleuves remontent les courants, la mer qui prend feu», quand « les poules fécondent les coqs, …qu’on met le char devant les bœufs … et que tout le monde marche sur la tête». Triste alternative, dans un jeu complexe de miroirs. Mais la vision apocalyptique d’une « fin de l’histoire », prématurément annoncée pour le XIV siècle et appelée selon le concept d’époque, «les voies de l’antéchrist», est solennellement remise en cause, par son plaidoyer émouvant en faveur du rire « le propre de l’homme», rappelant que l’un de ses héros « savait rire et dire des choses risibles, ne fut-ce que pour humilier ses propres ennemis». L’évocation de cette parabole me permet d’affirmer mon adhésion à cette réflexion, si pertinente, d’Umberto Eco.
Le chroniqueur