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Voyage

Faut-il parler du voyage, à l’heure des retours, du débreefing nécessaire, ne serait-ce que pour s’adapter au rythme de la rentrée et parfois du débronzage, dans le cadre d’un retour aux normes du quotidien ? Fut-il éphémère, le temps du voyage assure sa présence privilégiée dans notre mémoire, faisant valoir dans notre imaginaire, l’exception par rapport à la règle, c’est-à-dire l’accessoire sur l’essentiel de notre vécu.


Nous sommes en présence d’un vrai culte, entretenu par l’évocation des épopées des grands voyageurs, à l’instar de Marco Polo (1271-1295), d’Ibn Batouta (1326-1354) ou des aventures mythiques d’Ulysse et de Sindebad le marin et la littérature d’évasion de la jeunesse de jadis, puisque la lecture est devenue aujourd’hui, plus virtuelle que réelle à l’ère de la mondialisation. Qui connaît maintenant, à titre d’exemple, « l’invitation au voyage » de Charles Baudelaire, un des poèmes clefs de son œuvre, les Fleurs du mal (1857) ?

Ne limitons point le voyage à l’examen de sa destination. Itinéraire, relais et points d’arrivée, certes, mais le processus est, en réalité, bien plus complexe : il commence par la formulation du projet et la vision rêvée qu’il provoque et se termine après son accomplissement, par les sentiments mitigés de nostalgie et/ou de désillusion. Fait d’évidence, le voyage se prolonge comme mémoire-repère dans l’imaginaire de ceux qui s’y adonnent.

Vision plurielle, chacun a ses destinations idéales : Certains sont, en quête d’une simple transhumance estivale. Comprenons leurs motivations. Après l’effort, le réconfort ! Et d’ailleurs, fut-il réduit à sa simple expression, par la volonté des Tours operators, ce voyage d’agrément banalisé, si j’ose m’exprimer ainsi, permet spontanément de se plonger dans d’autres lumières, couleurs, parfums et saveurs. Par contre les Grands voyageurs, par la définition de leur éthique, veulent ouvrir largement leurs horizons, aller au-delà de leur vécu, à la découverte de l’autre, à la rencontre de sa culture. Prenons la juste mesure de cette transgression volontaire et, combien enrichissante, de l’environnement immédiat. Le projet dépasse bien le dépaysement sinon l’exotisme ! Redonnons au voyage ses dimensions réelles, comme mondialisation vécue et assumée, participant à la construction d’une culture humaniste, d’intégration généreuse, en attendant l’ultime voyage et sa destinée fatale.

Le chroniqueur

Posté par chronique, 14 Septembre 2005 19:08 | Dictionnaire signes | Commenter (1) | Permalink | Trackbacks (0)

Commentaires
LE VOYAGE | rached | 15/09/2005 17:20 | Répondre

Oui, bravo Professeur, le voyage garde et préserve sa magie et toutes ses lettres de noblesses et demeure la grande école de la vie!
Le voyage de part sa clture véhiculée et diversifiée sera le berceau de la compréhension! Donc de la Tolérance! Donc de la Paix!
Amen!
Rached Trimèche
www.cigv.com

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