Week end à la plage
Dans la société
de loisirs, la plage acquiert une position privilégiée. Se baigner, se dorer au
soleil, tourner le dos à la cité, pour regarder la mer, contempler l’horizon,
«l’esclave du travail » se libère pour un temps du labeur du vécu, de la
monotonie du quotidien, de la lassitude de l’ordinaire, des obligations
rituelles des déterminismes professionnels.
Des anthropologues parlent du passage des activités instrumentales (instrumental activities) où l’individu est un moyen aux activités d’expression de soi (expressive activities) où l’individu est une fin (Joffre Dumazedier, Article « loisir» in CD-Universalis). Mais redimensionnons cette identification, dans l’absolu, d’une soi-disant mutation générale, par le différentiel entre la règle de la soumission aux activités instrumentales et l’exception de la libération conjoncturelle, saisonnière et en tout cas limitée dans le temps de la corvée. La donne éphémère du loisir le fait valoir, fut-il comme parenthèse du temps libre dans le calendrier du travail.Un week end à la plage … !
Sachons goûter les plaisirs du moment, cette libération d’une culture répressive, fut-elle la résultante d’un auto-asservissement heureux consenti par le choix volontaire d’une profession, d’un hobby et d’une manière de vivre, somme toute agréables. Voyager pour atteindre la mer est, certes, agréable, fut-il non reconnu par le Directory du CIGV, l’almanach des grands voyageurs ! Mais le repos qu’il permet, le temps de réflexion et/ou de contemplation qu’il procure, les vacances intellectuelles qu’il assure, constituent la meilleure mise en entrain, pour reprendre le travail, c’est-à-dire, dans mon cas, l’écriture et la recherche.