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Vacances bizertines (11 - 18 juillet 2005)

Heureux comme Ulysse

Nous avons, cette année, Souad et moi-même, opté pour le changement, en transgressant nos habitudes, qui nous liaient aux plages d’Hammamet et en prenant le pari d’explorer la région de Bizerte…

Des journées au bord d’une plage accueillante, avec comme unique alternative la piscine ! Le repos de l’esprit et le bronzage du corps, quel ambitieux programme. Cette Méditerranée, jadis espace d’affrontements corsaires, assume sa nouvelle mission, comme havre de paix, comme pôle d’immigrants saisonniers de Tunisie et d’ailleurs, en quête de leur part de soleil, de farniente, pour se dé-stresser, oubliant, pour un temps, à l’instar des habitants des grandes métropoles, la triptyque «boulot, métro, dodo» Dieu merci, la gamme des chaînes de télévision de notre résidence bizertine était réduite à sa plus simple expression. Heureux comme Ulysse, nous avons vécu à l’abri des chaînes satellitaires et leurs discours de surenchère, prompts à exploiter les dérives humaines ! Des partis de cartes de chkoubba permettaient d’agrémenter nos veillées, en dépit de mes modestes performances, vu mes compétences limitées, en la matière. Peu importe ! L’atmosphère familiale permettait d’atténuer l’impact des défaites puisqu’on est battu par les siens.


Ma journée commençait de bonne heure, c’est-à-dire vers huit heures … Ma visite matinale quotidienne de la mer me permettait de voir la plage se réveiller et s’animer. Selon leurs us et coutumes, les Bizertins de souche préféraient se baigner tôt. Les touristes et les jeunes les rejoignaient tardivement et organisaient leurs programmes de bronzage, de sport et de bains, en relation avec le rythme solaire. Mes escapades matinales me permettaient de m’entretenir avec des amis d’occasion du terroir et de prendre connaissance de leurs préoccupations. L’un d’eux était plus concerné par la météo, récitant, mots par mots, les prévisions de la radio tunisienne. Mon deuxième interlocuteur était un fin connaisseur des us et coutumes. Ses larges connaissances m’ont permis d’identifier les oiseaux de la région. Mais mon niveau en ornithologie reste, pour le moment, peu convaincant.

Des promenades d’agréments nous ont permis de découvrir les grandes artères de la ville, de nous perdre parmi leurs souks informels et leurs vendeurs d’épices et des vastes échoppes réservées à l’encens et aux multiples ingrédients d’une «médecine occulte» des aléas de la vie. Ces plongées dans l’underground de la pensée populaire relève d’un folklore qui mérite d’être mieux exploré.

Bref, n’en déplaise aux hordes de moustiques qui nous ont soumis à de rudes épreuves, le séjour fut agréable – y compris les plaisirs de table d’un marché au poisson frais. Mais me permettrais-je de vous confier un secret : « les départs en vacances sont plus gais que les retours ». Cette vérité d’évidence pouvait être difficilement démentie.

Khalifa

Posté par chronique, 19 Juillet 2005 21:45 | Chronique de vacances | Commenter (0) | Permalink | Trackbacks (0)

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