S'oublier à Kélibia ...!

Le grand voyageur peut s’abandonner à
ses plaisirs sédentaires, à la montagne ou à la mer. Il peut découvrir des lieux
de loisirs et de vacances, dans son aire de proximité, à des dizaines de
kilomètres de son chez soit. L’évasion ne suppose pas nécessairement, les
expéditions lointaines, les grandes croisières, le dépaysement de l’ailleurs...
Nous avons découvert, cet été, notre
petit coin de paradis dans la cité balnéaire de Kélibia. Une mer calme et limpide, des plages de sable
fin et blanc, constituaient le cadre de notre repos bien mérité. Des
pérégrinations dans le voisinage et des haltes régulières, dans les stations de
plage, composaient le menu quotidien de notre inactivité...
Construit sur un promontoire rocheux, le
Fort byzantin domine le site et ses lieux de villégiature. Abandonnant, depuis
longtemps sa mission de guet stratégique du canal de Sicile, contraint à une
retraite tardive, après plusieurs siècles d’exercice du contrôle de la
Méditerranée, le vieux fort veille désormais sur la quiétude de ses hôtes...
Sous le regard protecteur de ce complice
attitré des loisirs kélibiens, nous avons bu nos rations quotidiennes de thé à
la menthe, goûté la senteur des jasmins,
dans les différents lieux d’offrande de Sidi Mustapha, le marin, Sidi
Mansour et les nombreux relais d’une côte accueillante et généreuse.
le Djérid
L’été est la saison de la paresse, sinon des vacances ? Prenant
un répit, avant de mettre la voile, le grand bleu et les loisirs de plage, je
mets mon blog, en vacances.
Permettez-moi, chers amis, de saisir cette opportunité pour vous présenter une photo-souvenir, d’un précédent voyage dans le Djérid tunisien dans le palmeraie de Gafsa, à l’occasion de son nouveau festival. Mais est-ce que les palmiers de Tozeur ont pu se mettre à l’écoute de cette musique - monde, qui trouble leur silence éternel ?

Tozeur le 23 avril 2008
Une soirée chez les Gammarthois
« Le sapin et le mimosas, teintent
le paysage d’une nuance de verdure, percée parfois de la blancheur d’une villa »,
ainsi décrivait un guide touristique le site de Gammarth, faisant valoir cette station
balnéaire. Excusez-moi mes amis, j’étais hier à Gammarth mais je n’ai guère eu
le loisir d’appréhender ses vues panoramiques, son paysage forestier, sa
végétation spécifique, célébrée par le guide anonyme. Et pour cause, j’étais
invitée pour une soirée et -permettez-moi de vous confier ce secret - la nuit
tous les chats sont noirs et tous les arbres se ressemblent, dans la mesure où
les binocles permettent de les distinguer. Peu importe, d’ailleurs, cette
visibilité différentielle, puisque je n’ai pas le culte des lieux, à quelques
exceptions près, qui changent d’ailleurs selon les humeurs du temps...
Nous avons donc mis la voile pour
Gammarth et dressé notre campement, comme le dirait le poète de la Jahilia,
chez nos hôtes gammarthois. Toutes les conditions étaient réunies pour assurer
le bonheur des hôtes et des convives : La brise légère qui prenait le
relais du sirocco tunisois, agrémentait ce dîner autour de la piscine... Nos
hôtes se sont dépensés, sans compter, avec leur gentillesse ordinaire. Je ne
vous en dirais pas plus, craignant de froisser leur modestie. Le temps aurait
ralenti son vol, nous permettant de prolonger tard dans la nuit cette soirée entre
amis.
Le chroniqueur
Ni juilletiste, ni aoûtien
Les télévisions ont évoqué les cohues
provoquées ce week end par cette croisée de juilletistes, qui regagnent leurs
lieu de travail et les aoûtiens qui s’en évadent. N’étant cette année ni juilletiste,
ni aoûtien, je ne croise pas les vacanciers et je ne me plie pas à leur
quotidien, ces fameux trois S que j’adapte : sable, soleil et sieste...
Ma pause estivale me permet de me reposer
chez-moi, près de mes proches, Lella ma femme et notre troupeau de chats. Mondialisation
oblige, j’alterne, dans ma tour d’ivoire, mes séances de travail, information
et loisirs devant mon micro et la consommation de mes besoins quotidiens,
devant la télévision, en oeuvres de fictions et discussions mondaines. N’étant
pas un manuel, même dans mes heures de loisirs, je ne cultive pas mon jardin,
me contentant de cueillir mes jasmins et mes rosiers et d’effectuer un arrosage
plus symbolique qu’effectif, exerçant ce caprice, pour rompre la routine...
L’homme a été créé pour travailler, disent
les moralistes. Ne rien faire peut procurer du plaisir. Mais les vacances
estivales qui drainent des foules, les conditionnent, rythment leurs humeurs et leurs caprices peuvent être
fatigantes. Mes vacances chez-moi - une prise de distance par rapport aux
moeurs d’aujourd’hui - sont autrement plus confortantes et plus reposantes. Des
échappées de week end - choisies ponctuellement - confortent nos vacances à la
carte. Faut-il s’en plaindre !
Le chroniqueur
Une soirée à La Goulette
Sur invitation d’un ami cher, une sortie à la Goulette nous a permis de retrouver, pour une soirée, le monde des vacances estivales. Plage, sieste et veillée nocturne, qui se prolonge tard dans la nuit, ainsi la farniente rythme l’oisiveté estivale de nos vacanciers. L’échappée de la ville permet ce luxe d’une vie marginale, - un certain temps - loin du voisinage habituel, des lieues du travail et de la routine qu’ils imposaient. Ne sous-estimons pas cette prise de distance par rapport à l’ordinaire et cette éthique qui la fonde du vacancier méditerranéen, dont le quotidien coule comme un fleuve tranquille, sans rupture mais agrémenté de méandres...
Durant une soirée, nous rejoignirent ces estivants dans un restaurant de la Goulette, dont je tairais le nom, pour éviter toute concurrence déloyale et de surcroît désintéressée. Selon la tradition, le menu culinaire était composé de poissons frais, alors que le menu de la sociabilité et les échanges à bâtons rompus qu’ils privilégiaient, s’inscrivaient dans le contexte de nostalgie et d’historicité que l’histoire de la Goulette, ses us et coutumes, les souvenirs de différentes vagues d’habitants et d’estivants ne pouvaient que favoriser...
L’histoire fut donc remise à l’ordre du jour, dans ses péripéties frivoles, ses sorties de l’ordinaire, ses humeurs et ses caprices. Complices dans leur mondanité occasionnelle, les convives s’y adonnèrent à coeur joie, transgressant ainsi les préoccupations du labeur. Le recours à la petite histoire - ou plutôt l’histoire light que défendait notre hôte - s’accommodait d’ailleurs, bel et bien avec le climat forcément consensuel, d’une soirée à la Goulette.
Le chroniqueur
Qu’est-ce que tu as fait pendant tes vacances ?
La question est rituelle. Elle permet
une reprise de contact avec les collègues du lycée, de l’administrtion ou de
l’entreprise. Mais la réponse n’est pas toujours aisée. Elle trace une ligne de
démarcation entre les habitués des villégiatures de différents niveaux, ceux
qui rentrent dans leur campagne natale, en guise de vacances et les condamnés à
l’ordinaire, ceux qui voyagent exclusivement par leur imaginaire, au mieux par
l’entremise des médias. En ce qui concernent le mode de repos, certains se
délassent au bord de la mer où à la montagne ; d’autres préférent la
lecture ; les moins chanceux les consacrent à ne rien faire, outre les
servitudes du quotidien.
Un effort de mémorisation, d’introspection
et de reflexion me permettrait, peut-être, de faire le bilan d’une oisiveté
estivale, que je crois bien méritée.
Mais, au fait, l’ais-je oublié, je n’ai pas eu, cette été de vacances, ou
presque. A l’exception de transgressions ponctuelles, qui m’ont permis de
retrouver l’horizon marin, qui a bercé mon enfance. Faut-il trop s’en
plaindre !
Khalifa Chater
Vacances devant le computer !
Ils ont quitté la plage et rejoint la
maison, après l’escapade du dernier week end … les chatelins du Manar vont retrouver
la chaleur du chez soi, la fraîcheur de leurs salles de séjour, leurs loisirs
culturels et intellectuels ainsi que les charges du quotidien…
Week end à la plage (2)
Zazie voulait connaître le métro
parisien. Elle trouva ses gares fermées à la suite d’une grève … Le chroniqueur
se proposa de passer un week end à la plage, de prendre des bains et d’y
admirer l’horizon. Mais les vents contraires s’opposèrent à la réalisation de
ses vœux…
Week end à la plage
Dans la société
de loisirs, la plage acquiert une position privilégiée. Se baigner, se dorer au
soleil, tourner le dos à la cité, pour regarder la mer, contempler l’horizon,
«l’esclave du travail » se libère pour un temps du labeur du vécu, de la
monotonie du quotidien, de la lassitude de l’ordinaire, des obligations
rituelles des déterminismes professionnels.
La canicule et la sieste
La canicule impose ses lois. Elle
ralentit le rythme de la vie, incite au repos et légitime la paresse… Ce qui
permet d’élargir les assises de la société du repos, celle des oisifs
permanents, à tous les niveaux de la
hiérarchie sociale, par l’afflux de nouveaux adeptes saisonniers. Règle de La
Palice «n’est pas oisif qui veut».
A la veille des vacances
Oublions nos corvées quotidiennes … notre emploi du temps si
chargé, les difficiles réveils qui l’agrémentent, notre soumission aux
exigences d’un labeur, intéressant certes, mais qui ne se termine pas….
S’évader chez soi
Me voici revenu d’une brève incursion. Mais l’ailleurs - en dépit de la traversée de la Méditerranée qu’il nécessita - fut plutôt un lieu de proximité. Voyage sans distance et sans distanciation certes. Mais le voyage est toujours nourri par notre imaginaire, qui le devance, vit son présent et le prolonge.
(Suite)Revenons à nos moutons !
Alors que l’herbe manque, que les pâturages se réduisent, comme des peaux de chagrin et que les sources tarissent, les bergers délaissent le troupeau, pour suivre la Coupe du monde, les tournois de Wimbledon et le Tour de France cycliste….
Alors que la canicule et la sieste qu’elle favorise, retiennent les acteurs au logis, que les plages confortent la démission des héros fatigués, de la société de consommation, occultant les problèmes de l’heure, les préoccupations du quotidien …
(Suite)La fin de l’été
C’est déjà la fin de l’été. J’évoque, bien entendu, les définitions subjectives qui devancent, bien souvent, la date du 21 septembre, indiquée par le calendrier. Je dirais même que cette date fatidique – puisqu’elle sonne le glas des vacances – dépend des us et coutumes, des pratiques sociétales et des états d’âme qu’elles provoquent. Peut-être faut-il privilégier les définitions, par communauté, par catégories et peut-être par personnes !
La transhumance estivale
La transhumance estivale est un mode d'organisation des vacances, hors des lieux de séjours habituels à proximité des lieux du labeur quotidien. Quête du repos et de la détente, la transhumance estivale assure le déplacement vers les lieux de villégiature, en général, vers les plages ou la montagne. Cette émigration saisonnière permet une «échappée» du vécu routinier, des circuits urbains traditionnels, des us et coutumes et genres de vie du quotidien.
(Suite)L’aoûtien, une espèce en voie de disparition !
Notion préliminaire, j’entends par aoûtien, celui reste chez lui, durant ce mois consacré aux vacances. Ne participant pas aux grandes hordes de voyageurs qui regagnent leurs terrains de prédilection estivale, il reste sur le quai, assistant aux départs des caravanes.
(Suite)Le couscous et la pizza
Pourquoi limiter « la méditerranéité » aux critères sacro-saints de l’histoire et de la géopolitique ? Au-delà des faits de guerres, des flux et des reflux des peuples, de ce que Braudel appelle les événements de surface, la spécificité méditerranéenne s’exprime davantage dans le vécu, les us et coutumes, le quotidien. Arrêtons-nous sur l’art de vivre, les collectivités qui se font et se défont, à l’occasion de parties de cartes, des rencontres au bistrot ou tout simplement devant une échoppe et des jeux de plein air, sinon sur la chaussée publique. Ces discussions de salon, hors salon, s’intéressent davantage à ce qui est futile, éphémère, anodin.
Eté Evasion
Evasion, bien entendu du rythme de la vie quotidienne et du travail qui occupe l’essentiel de notre temps… ! A chacun ses loisirs : Certains préfèrent les vacances au bord de la mer, d’autres les randonnées campagnardes. Mais faut-il dédaigner le plaisir des « vacances chez soi », beaucoup moins coûteuses et parfois bien plus reposantes : un livre et une tasse de café, et une solitude à deux assumée et revendiquée, enrichissante par la complicité culturelle qui la conforte.
Nous vivons, bien entendu, l’ère de la communication : téléphone, télévision, internet. N’en abusons pas de ces agréments forts utiles, qui nous intègrent dans notre réseau sociétal. Rupture, plus que continuité, les vacances restent des moments privilégiés, l’exception, par rapport à la règle. Sachons défendre notre droit à la paresse.
Khalifa
Vacances bizertines (11 - 18 juillet 2005)
Heureux comme Ulysse
Nous avons, cette année, Souad et moi-même, opté pour le changement, en transgressant nos habitudes, qui nous liaient aux plages d’Hammamet et en prenant le pari d’explorer la région de Bizerte…
Des journées au bord d’une plage accueillante, avec comme unique alternative la piscine ! Le repos de l’esprit et le bronzage du corps, quel ambitieux programme. Cette Méditerranée, jadis espace d’affrontements corsaires, assume sa nouvelle mission, comme havre de paix, comme pôle d’immigrants saisonniers de Tunisie et d’ailleurs, en quête de leur part de soleil, de farniente, pour se dé-stresser, oubliant, pour un temps, à l’instar des habitants des grandes métropoles, la triptyque «boulot, métro, dodo» Dieu merci, la gamme des chaînes de télévision de notre résidence bizertine était réduite à sa plus simple expression. Heureux comme Ulysse, nous avons vécu à l’abri des chaînes satellitaires et leurs discours de surenchère, prompts à exploiter les dérives humaines ! Des partis de cartes de chkoubba permettaient d’agrémenter nos veillées, en dépit de mes modestes performances, vu mes compétences limitées, en la matière. Peu importe ! L’atmosphère familiale permettait d’atténuer l’impact des défaites puisqu’on est battu par les siens.