S'oublier à Kélibia ...!

Le grand voyageur peut s’abandonner à
ses plaisirs sédentaires, à la montagne ou à la mer. Il peut découvrir des lieux
de loisirs et de vacances, dans son aire de proximité, à des dizaines de
kilomètres de son chez soit. L’évasion ne suppose pas nécessairement, les
expéditions lointaines, les grandes croisières, le dépaysement de l’ailleurs...
Nous avons découvert, cet été, notre
petit coin de paradis dans la cité balnéaire de Kélibia. Une mer calme et limpide, des plages de sable
fin et blanc, constituaient le cadre de notre repos bien mérité. Des
pérégrinations dans le voisinage et des haltes régulières, dans les stations de
plage, composaient le menu quotidien de notre inactivité...
Construit sur un promontoire rocheux, le
Fort byzantin domine le site et ses lieux de villégiature. Abandonnant, depuis
longtemps sa mission de guet stratégique du canal de Sicile, contraint à une
retraite tardive, après plusieurs siècles d’exercice du contrôle de la
Méditerranée, le vieux fort veille désormais sur la quiétude de ses hôtes...
Sous le regard protecteur de ce complice
attitré des loisirs kélibiens, nous avons bu nos rations quotidiennes de thé à
la menthe, goûté la senteur des jasmins,
dans les différents lieux d’offrande de Sidi Mustapha, le marin, Sidi
Mansour et les nombreux relais d’une côte accueillante et généreuse.
Dîner à Mutuelville
Dîner à Mutuelville, en compagnie des Trois
Mousquetaires, qui sont de surcroît mes amis. N’en déplaise à Alexandre Dumas, ils
ne disposent pas de mousquets, à l’instar de ses héros de fiction.
Pouvaient-ils se permettre d’être anachroniques, dans ce début du XXIe siècle,
qui les a surpris à l’âge de la raison, quand le processus de la maturité - et
non de la vieillesse - a commencé à faire son oeuvre ...
Peut-on définir le caractère du chef du groupe, par
rapport aux trois genres qui définissent, dans des proportions différentes, les
genres leader, entrepreneur et administrateur. Nostalgique de l’oasis des
ancêtres, le seigneur du Sahara, qui a tenu à regagner son palmeraie, concilie
les caractères d’entrepreneur et
accessoirement de leader local, à ses moments perdus, dans son bled lointain.
Prenant la vie comme elle se présente- je dirais plutôt qu’il force le destin -,
apparemment sans souci et sans illusion, le seigneur du Sahara est un entrepreneur intuitif,
exploitant judicieusement les opportunités nouvelles. Il a la chance de réussir
ses témérités, je dirais ces paris, bien qu’il occulte les exigences de la
rentabilité immédiate et les normes de la gestion administrative routinière. Disons,
en empruntant le langage des cartes, qu’il est plutôt un joueur de Poker et non
d’échecs.
Ses deux compagnons - ses complices du jogging, quand
il monte dans la métropole - ont une grande capacité d’écoute, de réconfort et
parfois de rappel à l’ordre. Modeste et plein d’égards, l’homme de l’oasis a le
mérite de ne pas s’en offusquer des avis contraires, que lui prodiguent ses
amis de toujours. A moins qu’il ne considère leurs commentaires, comme klam el-lil (parole de nuit), que
dissipe le lever du soleil.
le Djérid
L’été est la saison de la paresse, sinon des vacances ? Prenant
un répit, avant de mettre la voile, le grand bleu et les loisirs de plage, je
mets mon blog, en vacances.
Permettez-moi, chers amis, de saisir cette opportunité pour vous présenter une photo-souvenir, d’un précédent voyage dans le Djérid tunisien dans le palmeraie de Gafsa, à l’occasion de son nouveau festival. Mais est-ce que les palmiers de Tozeur ont pu se mettre à l’écoute de cette musique - monde, qui trouble leur silence éternel ?

Tozeur le 23 avril 2008
Une soirée chez les Gammarthois
« Le sapin et le mimosas, teintent
le paysage d’une nuance de verdure, percée parfois de la blancheur d’une villa »,
ainsi décrivait un guide touristique le site de Gammarth, faisant valoir cette station
balnéaire. Excusez-moi mes amis, j’étais hier à Gammarth mais je n’ai guère eu
le loisir d’appréhender ses vues panoramiques, son paysage forestier, sa
végétation spécifique, célébrée par le guide anonyme. Et pour cause, j’étais
invitée pour une soirée et -permettez-moi de vous confier ce secret - la nuit
tous les chats sont noirs et tous les arbres se ressemblent, dans la mesure où
les binocles permettent de les distinguer. Peu importe, d’ailleurs, cette
visibilité différentielle, puisque je n’ai pas le culte des lieux, à quelques
exceptions près, qui changent d’ailleurs selon les humeurs du temps...
Nous avons donc mis la voile pour
Gammarth et dressé notre campement, comme le dirait le poète de la Jahilia,
chez nos hôtes gammarthois. Toutes les conditions étaient réunies pour assurer
le bonheur des hôtes et des convives : La brise légère qui prenait le
relais du sirocco tunisois, agrémentait ce dîner autour de la piscine... Nos
hôtes se sont dépensés, sans compter, avec leur gentillesse ordinaire. Je ne
vous en dirais pas plus, craignant de froisser leur modestie. Le temps aurait
ralenti son vol, nous permettant de prolonger tard dans la nuit cette soirée entre
amis.
Le chroniqueur
Ni juilletiste, ni aoûtien
Les télévisions ont évoqué les cohues
provoquées ce week end par cette croisée de juilletistes, qui regagnent leurs
lieu de travail et les aoûtiens qui s’en évadent. N’étant cette année ni juilletiste,
ni aoûtien, je ne croise pas les vacanciers et je ne me plie pas à leur
quotidien, ces fameux trois S que j’adapte : sable, soleil et sieste...
Ma pause estivale me permet de me reposer
chez-moi, près de mes proches, Lella ma femme et notre troupeau de chats. Mondialisation
oblige, j’alterne, dans ma tour d’ivoire, mes séances de travail, information
et loisirs devant mon micro et la consommation de mes besoins quotidiens,
devant la télévision, en oeuvres de fictions et discussions mondaines. N’étant
pas un manuel, même dans mes heures de loisirs, je ne cultive pas mon jardin,
me contentant de cueillir mes jasmins et mes rosiers et d’effectuer un arrosage
plus symbolique qu’effectif, exerçant ce caprice, pour rompre la routine...
L’homme a été créé pour travailler, disent
les moralistes. Ne rien faire peut procurer du plaisir. Mais les vacances
estivales qui drainent des foules, les conditionnent, rythment leurs humeurs et leurs caprices peuvent être
fatigantes. Mes vacances chez-moi - une prise de distance par rapport aux
moeurs d’aujourd’hui - sont autrement plus confortantes et plus reposantes. Des
échappées de week end - choisies ponctuellement - confortent nos vacances à la
carte. Faut-il s’en plaindre !
Le chroniqueur