Une soirée à La Goulette
Sur invitation d’un ami cher, une sortie à la Goulette nous a permis de retrouver, pour une soirée, le monde des vacances estivales. Plage, sieste et veillée nocturne, qui se prolonge tard dans la nuit, ainsi la farniente rythme l’oisiveté estivale de nos vacanciers. L’échappée de la ville permet ce luxe d’une vie marginale, - un certain temps - loin du voisinage habituel, des lieues du travail et de la routine qu’ils imposaient. Ne sous-estimons pas cette prise de distance par rapport à l’ordinaire et cette éthique qui la fonde du vacancier méditerranéen, dont le quotidien coule comme un fleuve tranquille, sans rupture mais agrémenté de méandres...
Durant une soirée, nous rejoignirent ces estivants dans un restaurant de la Goulette, dont je tairais le nom, pour éviter toute concurrence déloyale et de surcroît désintéressée. Selon la tradition, le menu culinaire était composé de poissons frais, alors que le menu de la sociabilité et les échanges à bâtons rompus qu’ils privilégiaient, s’inscrivaient dans le contexte de nostalgie et d’historicité que l’histoire de la Goulette, ses us et coutumes, les souvenirs de différentes vagues d’habitants et d’estivants ne pouvaient que favoriser...
L’histoire fut donc remise à l’ordre du jour, dans ses péripéties frivoles, ses sorties de l’ordinaire, ses humeurs et ses caprices. Complices dans leur mondanité occasionnelle, les convives s’y adonnèrent à coeur joie, transgressant ainsi les préoccupations du labeur. Le recours à la petite histoire - ou plutôt l’histoire light que défendait notre hôte - s’accommodait d’ailleurs, bel et bien avec le climat forcément consensuel, d’une soirée à la Goulette.
Le chroniqueur