La métaphysique du jogging !
Quant le temps le veut, le chroniqueur
s’adonne au jogging, relayant ses loisirs intellectuels… Rien à voir avec la
course, que pratique des sportifs pour garder leurs formes, s’entraîner et
préparer leurs compétitions. Il serait, d’autre part, hasardeux d’évoquer le
jogging de rigueur, érigé désormais en mode/culture. Ses adeptes sautent
allègrement, après le travail, dans
leurs baskets et
dans leurs survêtements pour aller courir dans les bois ou ce qui en reste. A
défaut de respirer l’air pur et de sentir l’état de bien-être les envahir, ils
se libérent du stress du travail sédentaire. Il ne s’agit même pas d’une course à pied à un rythme lent, qui sert d'exercice cardiopulmonaire...
Notre jogging est en réalité une marche
lente, une randonnée dans les ruelles de la banlieue, permettant de poursuivre
des entretiens sur tout et rien, dans ce salon de plein air. Une promenade de
santé ? Notre pratique quasi quotidienne en a l’ambition. Mais il ne s’agit que du reflet
sinon de la caricuture du jogging qui assurerait, d’après ses adeptes
passionnés, une bonne hygiène de vie, sinon un meilleur fonctionnement de
l'organisme. A défaut d’intellectualisme, ils évoquent la métaphysique du jogging.
Muni
de cannes, le chroniqueur et son complice assurent ainsi leur debrefing
intellectuel quotidien. Est-ce une raison, pour les confondre avec les gardiens
d’immeubles du quartier ?
Le
chroniqueur
Éléments d'autocritique
Sous l’effet de la révolution
technologique, l’homme serait passé "de l’écrit à l’oral". Ce
raccourci doit être nuancé, sinon remis
en question. Depuis la découverte de l’écriture, l’homme conjugue ces
différents instruments de communication. Leur niveau d’usage diffère, bien
entendu, selon les périodes, les aires
de civilisation, les composantes sociales et les catégories d’âge. L’apparition
de la radio, de la télévision, du computer, a bien sûr favorisé l’oralité de la
communication et de la sociabilité. Mais l’écriture reste le vecteur essentiel
du fonctionnement de ces instruments. Ainsi perçus, ils constituent les relais
en images de la communication. Peut-on concevoir un feuilleton radiophonique ou
télévisuel sans script, un film sans scénario et un computer sans clavier … Et
d’ailleurs, il s’agit, dans tous les cas, d’outils de transfert phonétique.
La mutation médiatique et informatique
induit des malentendus de générations sinon des querelles entre "les
anciens et les modernes". Les "pères" et assimilés, les adultes
tous azimuts, reprochent à la jeunesse
l’abandon de la lecture, qu’ils dotent volontiers d’une certaine mystique et d’une
certaine sacralité, dont les attributs embrassent, dans le cadre d’une
exclusivité absolue, la formation, la culture et le loisir intellectuel. Est-ce
à dire qu’on a affaire à un processus "d’analphabétisation générationnelle",
bloquant "l’apport de la pensée", freinant l’évolution
culturelle ? N’exagérons pas. Toute civilisation a ses moyens de
communication, de culture, de réflexion et de dialogue. Notre culture
technologique postmoderne n’échappe pas à la règle. Elle privilégie l’usage de ses outils et
accessoires. Faut-il s’en offusquer ! Ramenons les choses à leurs justes
proportions, en faisant valoir la
concordance entre toutes les œuvres de l’esprit, dans leurs différents moyens
d’expression.
Une "démythologisation" est donc nécessaire pour dépasser les inquiétudes, les états d’âme et les humeurs de ceux qui divinisent les moyens d’expression d’antan, par une nostalgie compréhensible, tel avant-hier de l’usage de la plume Sergent Major, hier du stylo Big et aujourd’hui des produits de Gutemberg, des "reliques" du monde de demain. Nous ne pouvons refuter la loi de l’évolution. Et d’ailleurs, "les missionnaires du passé" n’ont pas toujours été de bons conseils. Assumons notre "post-alphabétisation" et sachons identifier "les analphabètes" de l’ère nouvelle.
Khalifa Chater
Vacances devant le computer !
Ils ont quitté la plage et rejoint la
maison, après l’escapade du dernier week end … les chatelins du Manar vont retrouver
la chaleur du chez soi, la fraîcheur de leurs salles de séjour, leurs loisirs
culturels et intellectuels ainsi que les charges du quotidien…
Week end à la plage (2)
Zazie voulait connaître le métro
parisien. Elle trouva ses gares fermées à la suite d’une grève … Le chroniqueur
se proposa de passer un week end à la plage, de prendre des bains et d’y
admirer l’horizon. Mais les vents contraires s’opposèrent à la réalisation de
ses vœux…